Les Taux d’Intérêts

Il n’y a pas que le taux d’intérêt !

Tous les taux

Il existe de nombreux types de taux d’intérêt. On les classe selon la durée des emprunts et des prêts (on parle de taux à court à moyen ou à long terme), selon leur fonction (taux directeurs de la Banque Centrale, taux de base bancaire etc.), selon leur mode de calcul (taux proportionnel, taux actuariel, taux effectif global), selon que l’on prend en compte ou non l’inflation (taux réel ou taux nominal)…

Vous trouverez ici des explications sur le sens de ces différents taux et sur leur utilisation.

Simple – Composé

On parle d’intérêts simples et de taux d’intérêt simple lorsque pour un prêt, les intérêts dus pour une période donnée sont effectivement versés en fin de période. Par exemple, lorsque vous achetez 10 000 € d’obligations à 7 ans rapportant un taux annuel de 5 %, avec un versement annuel d’intérêt, vous percevez chaque année 500 € qui vous seront versés sur votre compte bancaire. Moins, éventuellement, les impôts à payer sur le revenu si vous avez opté pour le prélèvement forfaitaire libératoire.

On parle d’intérêts composés lorsque, à la fin de chaque période de calcul, les intérêts sont ajoutés au capital pour produire de nouveaux intérêts. Les intérêts sont alors dits « capitalisés ». Entre intérêts simples et intérêts composés, ce n’est pas le taux nominal qui change, c’est le capital emprunté ou placé qui augmente ou non durant la durée du placement.

Exemple le livret A : A la fin de chaque année, au 31 décembre, les intérêts perçus sur les sommes déposées sont ajoutés au dépôt comme si vous aviez fait un versement de ce montant. Ces intérêts vont donc à leur tour rapporter un intérêt l’année suivante. Quand le plafond de dépôt autorisé (15 300 €) est dépassé, aucun nouveau versement n’est autorisé tant que des retraits n’ont pas ramené le solde en dessous du plafond.

Nominal – Réel

Le taux d’intérêt nominal est le taux inscrit dans votre contrat de prêt, celui qui est effectivement payé par l’emprunteur au prêteur. Le plus souvent, le capital emprunté ou placé est lui aussi remboursé à sa valeur nominale.

Pour avoir une estimation plus réaliste de ce que rapportera effectivement votre placement ou ce que coûtera votre emprunt, il faut raisonner en termes « réels » et non plus « nominaux », c’est-à-dire retrancher l’effet de l’inflation. Le plus simple est de soustraire le taux d’inflation du taux d’intérêt nominal, même si le plus exact est de diviser l’un par l’autre.
Pour faire le calcul au moment de la signature du contrat, il faut prendre en compte l’inflation prévue (on dit « anticipée ») sur la durée du contrat.

D’une façon générale l’inflation a tendance à enrichir l’emprunteur et à appauvrir le prêteur.

Celui-ci, s’il en a le pouvoir, réclame des taux d’intérêt nominaux plus élevés pour compenser la hausse des prix. Il peut aussi demander que le montant du capital à rembourser soit lui-même réévalué en fonction de l’évolution des prix ou de celle du taux de change de la monnaie d’emprunt vis-à-vis d’une monnaie jugée plus « stable » (on parle d’indexation).

Une stabilité relative de la croissance du niveau général des prix est réalisée depuis plus de 10 ans (chaque année la hausse tourne autour de 2 % environ). Cela facilite les calculs, permet de prendre des décisions de prêts et d’emprunts avec une plus grande précision et d’avoir des taux d’intérêt à long terme et relativement peu élevés.

Fixe – variable

Le taux d’un emprunt ou d’un prêt peut être fixe ou variable. Dans un prêt à taux fixe, le taux d’intérêt est fixe pour la totalité de la durée du contrat. Dans un prêt à taux variable, le contrat prévoit que le taux d’intérêt varie en fonction de l’évolution d’une donnée prise comme référence (évolution des prix, évolution du taux d’intérêt sur les emprunts à court terme que les banques se font entre elles).

Par exemple, le taux du livret A est actuellement de 3,5 %. Il est susceptible d’être ajusté chaque semestre par l’application automatique d’une formule de calcul qui tient compte de l’évolution de l’inflation et de celle des autres taux d’intérêt à court terme. Lorsque le taux d’intérêt du livret A change, le nouveau taux s’applique à partir de la date de changement y compris au stock des dépôts (on parle d’encours).

Pour les emprunteurs c’est surtout en matière de crédit à long terme (emprunts immobiliers par exemple) que le choix entre taux fixe et taux variable se pose. Un prêt à taux fixe assure à l’emprunteur une protection contre les hausses de taux d’intérêt, mais est plus élevé au départ qu’un prêt à taux variable et il ne supprime pas les risques portant sur l’évolution de ses revenus pendant la période de remboursement. Inversement un emprunteur choisira un taux variable s’il anticipe une baisse des taux d’intérêt. Par contre un emprunt à taux variable peut se révéler être un piège redoutable, si les taux augmentent, comme cela s’est manifesté aux Etats-Unis dans la crise des emprunts immobiliers à risque.

Taux effectif Global (TEG)

Le taux d’intérêt n’est pas le seul élément à prendre en compte pour déterminer le coût d’un emprunt ou le rendement d’un prêt.

S’agissant d’un produit d’épargne, il faut enlever les frais payés à la banque lorsqu’ils existent (frais de souscription, frais annuels de gestion, etc.). Et il ne faut pas oublier les impôts. S’agissant d’un emprunt, il faut ajouter les frais de dossier, les primes d’assurance (décès-invalidité et incapacité temporaires de travail) et les frais de garantie.

Pour comparer les conditions d’emprunt qui peuvent vous être faites, il ne vous suffira pas de comparer les taux d’intérêt annuels nominaux mais il vous faudra comparer les taux effectifs globaux (TEG) calculés en incorporant tous les éléments du coût de l’emprunt en plus du taux d’intérêt lui même calculé sur une base actuarielle.

Certains frais sont forfaitaires, d’autres sont proportionnels (assurances). Le TEG les ajoute au taux nominal sous forme d’un pourcentage établi sur une base annuelle.

Le TEG est obligatoirement indiqué en France dans toutes les offres de crédit.

Comme la même méthode de calcul s’impose à tous au niveau national et même au niveau européen, les emprunteurs peuvent ainsi avoir un véritable comparateur de prix « tout compris » des offres de crédit. Enfin presque, car certaines offres sont présentées sans intégrer dans le TEG des assurances qui sont incluses de façon facultative. De plus, certains aspects non négligeables des conditions d’emprunt, comme les possibilités de différés ou les pénalités éventuelles en cas de remboursement anticipé, ne peuvent pas être intégrés dans le TEG. Même si le TEG est un indicateur très utile, Il faut donc rester attentif à toutes les dimensions des offres de crédit.

Taux d’intérêt légal

Les intérêts légaux sont constitués par une somme d’argent due au créancier afin de réparer le dommage résultant du retard dans l’exécution du paiement par le débiteur. Il s’agit de l’intérêt appliqué par les tribunaux en cas de condamnation au paiement.

Fixé par la loi, son taux varie annuellement depuis la réforme opérée en 1989 (loi n° 89-421 du 23 juin 1989). Il est fixé à 2, 95 % pour l’année 2007. En cas de condamnation prononcée par un tribunal, le débiteur devra payer le taux de l’intérêt légal, majoré de cinq points à l’expiration d’un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire.

Taux d’usure

Le taux maximum légal admis lors de la conclusion d’un prêt conventionnel. Il y a usure lorsque le taux d’intérêt dépasse ce plafond. Cela constitue un délit pénal. Le taux d’usure varie en fonction du type de crédit consenti. Il en existe 11 publiés chaque trimestre par les pouvoirs publics.

Court -Moyen – Long terme. Structure des taux d’intérêt

Le taux d’intérêt varie avec la durée du placement ou de l’emprunt. En principe, plus le crédit est court (ont parle de crédit à court terme) et plus le taux d’intérêt est faible. Les crédits à court terme sont inférieurs à 2 ans, les crédits à long terme sont d’une durée supérieure à 7 ans. Le moyen terme est entre les deux.

On appelle structure des taux d’intérêt la courbe des taux d’intérêt réclamés au même moment sur les crédits en fonction de leur durée. Plus l’inflation et la crainte de l’inflation future sont fortes et plus la différence est grande entre taux à court terme et taux à long terme. Une courbe plate signifie que la prime réclamée pour prêter de l’argent à long terme est faible. Cette situation est, en principe, favorable aux projets et aux investissements réclamant de longues immobilisations.

Il peut arriver que les taux d’intérêt à court terme soient supérieurs aux taux sur les crédits de plus longue durée. On parle alors de courbe inversée. Cela peut résulter du fait que beaucoup d’acteurs économiques ont des difficultés de trésorerie (hausse des taux à court terme) ou d’une baisse de l’inflation (baisse des taux longs). Si ce sont les taux à long terme qui passent en dessous des taux plus courts, cela peut être le signe que l’on s’attend à une baisse de l’inflation. Mais si le taux de l’inflation est déjà très bas, l’explication est parfois difficile à trouver. L’ancien Président de la Banque Centrale Américaine, Allan Greenspan lui-même, a qualifié en février 2005 d’« énigme » la baisse des taux d’intérêt à long terme et l’inversion des taux enregistrée à l’époque aux USA.

Attention cependant, une courbe de taux d’intérêt n’a de signification que si elle est établie pour des prêts sur un marché financier, exprimés dans une même devise, d’une même classe, équivalents ou fortement comparables entre eux, comme les emprunts à taux fixe d’un même État.

En effet, la durée n’est pas la seule variable déterminant le niveau du taux d’intérêt d’un crédit par rapport à un autre. D’autres facteurs entrent en ligne de compte, notamment la « surface financière » de l’emprunteur, les garanties apportées, les risques de non remboursement qui sont variables selon le type d’emprunteur ou le type de crédit accordé.

– Les taux pour un crédit bancaire personnel, un crédit à la consommation ou un crédit sous forme de réserve d’argent sont différents même lorsqu’il s’agit de durées équivalentes.
– Les taux d’intérêt sur les crédits immobiliers ne sont pas plus élevés ou sont même plus bas que les crédits à la consommation alors qu’ils sont de plus longues durées.
– Une grande entreprise trouve des crédits à court terme sur le marché monétaire à des taux plus bas qu’une PME auprès de sa banque.

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