TAUX 2013 : «On ne peut pas exclure un geste de la BCE»

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On ne peut pas exclure un geste de la BCE»

Olivier de Larouzière, directeur taux d’intérêt de Natixis AM

 

– L’Agefi : Que pourrait faire la BCE si la situation dans la zone euro continuait à se dégrader ?
– Olivier de Larouzière : Sur le plan conjoncturel, l’amélioration des enquêtes semble en contradiction avec les données réelles. Les chiffres du quatrième trimestre 2012 montrent une forte contraction de l’activité en zone euro. De plus, l’atonie du crédit bancaire au secteur privé, toujours en baisse de 0,7% sur un an, laisse entière la question de la transmission de la politique monétaire. Par ailleurs, la BCE a donné les montants de remboursement des banques à la première opération de LTRO de décembre 2011, et nous attendons ceux de la seconde à 3 ans qui avait concerné 800 banques, notamment dans les pays du sud de l’Europe. On ne peut donc exclure un geste de la BCE, baisse du taux directeur à 0,50%, motivé par ces données, par une inflation qui reste faible et une baisse de l’excès de liquidité.

– Comment voyez-vous évoluer les marchés obligataires européens à moyen et à plus long terme ?
– Les données d’activité justifient une poursuite de la politique de taux bas. Les données de consensus (sous-exposition des investisseurs sur la zone euro) et la pente de la courbe des taux, historiquement importante, protègent le marché obligataire d’une forte remontée des taux. La recherche de rendement s’est portée sur le crédit en 2012 et offre peu de potentiel supplémentaire. Les flux devraient se poursuivre sur les obligations avec une préférence pour la liquidité (France, Italie, Allemagne) ou pour le rendement (crédit, Espagne). Les élections italiennes et allemandes pourraient générer de la volatilité et des opportunités d’investissement. Par la suite, la normalisation de la crise souveraine et les perspectives de reprise entraîneront une remontée des taux courts plus rapide que celle des taux longs.