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Les Etats-Unis restent sous la menace du mur budgétaire

Les Etats-Unis restent sous la menace du mur budgétaire

L’accord a minima trouvé au Congrès est contesté par les républicains de la Chambre des représentants

Par Patrick Aussannaire le 02/01/2013 pour L’AGEFI Quotidien – Edition de 7H

BARACK OBAMA. Photo Bloomberg

BARACK OBAMA. Photo Bloomberg

La menace du «fiscal cliff» continue de planer sur l’économie américaine. L’accord trouvé hier matin entre la Maison Blanche et le Sénat pour tenter d’éviter aux Etats-Unis de se heurter au mur budgétaire, qui conduit à des hausses automatiques d’impôts et des baisses de dépenses de 600 milliards de dollars, reste suspendu au vote de la Chambre des représentants, sous domination républicaine, qui a jusqu’à jeudi pour se décider. Or, les républicains se montraient cette nuit hostiles à cet accord.
A la sortie d’une réunion à huis-clos des élus du parti républicain qui a duré plus de deux heures, le flou régnait et aucune indication n’a été donnée sur la date de l’examen du texte par la Chambre des représentants et sur les possibles modifications qui pourraient y être apportées. Selon Rory Cooper, porte-parole d’Eric Cantor, chef de file des républicains à la Chambre, «la baisse insuffisante des dépenses dans le texte du Sénat a été un sujet de préoccupation unanimement partagé lors de la réunion d’aujourd’hui».
L’accord voté hier matin par le Congrès prévoit un relèvement du taux d’imposition de 35% à 39,6% sur les revenus supérieurs à 400.000 dollars par an (450.000 dollars pour les foyers) et de 15% à 20% sur les plus-values du capital et sur les dividendes, ainsi qu’un relèvement des taxes foncières. Cependant, il laisse en suspens de nombreuses questions, avec le report de deux mois de l’entrée en vigueur, initialement prévue le 2 janvier, des coupes claires automatiques de 109 milliards dans le budget de la défense et de projets de politique intérieure.
De plus, même si le texte était finalement adopté par la Chambre des représentants, il est loin d’épargner les ménages américains. Selon le centre de politique fiscale, organe non partisan basé à Washington, l’accord recèle une hausse des impôts pour 80% des ménages ayant des revenus compris entre 50.000 et 200.000 dollars par an. Parmi eux, la hausse moyenne atteindrait en moyenne 1.635 dollars. Les ménages ayant des revenus supérieurs à 2,7 millions de dollars seraient les plus exposés avec une hausse moyenne des impôts en 2013 de 443.910 dollars, réduisant leurs revenus après impôts de 8,4%.
Selon JPMorgan, la hausse des impôts se monterait à 125 milliards de dollars, soit 0,8% du PIB américain. Et l’impact négatif sur la croissance sur l’année 2013 serait de 0,5 point pour la ramener à 2%.
Pour sa part, le Congressional Budget Office (CBO), sorte de Cour des comptes émanant du Congrès, a déclaré que le texte voté par le Sénat accroîtrait de près de 4.000 milliards de dollars le déficit fédéral sur une décennie, principalement parce qu’il étend les faibles taux d’imposition à presque tous les Américains. En outre, le déficit budgétaire 2013 sera d’environ 330 milliards plus élevé que si le Congrès n’avait pas agi et avait laissé les 600 milliards de dollars de hausses d’impôts et de baisses des dépenses entrer en vigueur.
D’autant que l’affrontement sur le mur budgétaire en annonce un autre d’ici à quelques semaines, celui du relèvement du plafond légal de la dette, officiellement atteint lundi. La décision de repousser de deux mois les décisions sur les dépenses risque d’agglomérer ces deux dossiers distincts et donc de créer un nouveau mur budgétaire.

 

Les Etats-Unis restent sous la menace du mur budgétaire.