Taxes sur le transport : Le diesel visé par le gouvernement

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Taxes sur le transport : Le diesel visé par le gouvernement
Le diesel coûte environ 20 centimes de moins que le super par litre de carburant.
Le diesel coûte environ 20 centimes de moins que le super par litre de carburant.Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

La ministre de l’Écologie et de l’Énergie, Delphine Batho, a jugé « incontournable » l’alignement du diesel sur l’essence.

L’automobiliste va-t-il bientôt payer le litre de gazole au même prix que le super sans plomb? Le gouvernement a fait un pas de plus, jeudi, dans cette direction par la voix de la ministre de l’Écologie et de l’Énergie Delphine Batho. Interrogée sur BFMTV sur une hausse des taxes sur le gazole, la ministre a jugé «incontournable» un alignement sur l’essence. «On ne peut l’aborder que de façon progressive», et «ce n’est pas décidé», a-t-elle toutefois précisé. Pour Delphine Batho, c’est une question de «santé publique».C’est aussi une question économique. La France est dans une situation paradoxale: sa fiscalité favorise le diesel, qui coûte environ 20 centimes de moins que le super par litre de carburant mais que l’Hexagone doit importer parce que ses raffineries produisent surtout de l’essence, trop d’ailleurs. Mais l’enjeu est aussi fiscal. «Pourquoi ne pas commencer par baisser la fiscalité de l’essence avant ­d’augmenter le prix du diesel», ironise un spécialiste du secteur. «Le gouvernement met en avant des préoccupations liées à la santé, mais il songe avant tout à ses ­recettes.»Selon les estimations, un alignement du diesel sur l’essence pourrait rapporter plus de 3 milliards d’euros à l’État. Il pourrait être ­décidé dans le cadre du débat sur la transition énergétique qui doit aboutir à l’automne, et pourrait alimenter les recettes de «fiscalité verte» qui devront l’an prochain participer au financement du pacte de compétitivité.Reste que le dossier est sensible. Louis Gallois, quand il avait remis son fameux rapport au gouvernement l’automne dernier, avait ­ensuite avoué n’avoir pas osé s’attaquer à ce tabou. Les automobilistes ne seraient d’ailleurs pas les seuls touchés. Les cons­tructeurs automobiles, réputés spécialistes de la motorisation diesel, le seraient aussi.

Le Figaro – Conjoncture : Le diesel dans le viseur du gouvernement.