La crise portugaise teste le pouvoir de la BCE

Publié le Publié dans Actualités

La crise portugaise teste le pouvoir de la BCE

La banque centrale pourrait devoir passer de la parole aux actes avec son programme de rachats

Avec le Portugal Mario Draghi aura un sujet tout trouvé pour sa conférence de presse aujourd'hui. Source photo: BCE

Avec le Portugal Mario Draghi aura un sujet tout trouvé pour sa conférence de presse aujourd’hui. Source photo: BCE

Mario Draghi aura un sujet de conversation tout trouvé aujourd’hui lors de la conférence de presse mensuelle de la BCE: la crise politique au Portugal. Le risque de chute de la coalition au pouvoir à Lisbonne, qui fait suite à la démission du ministre des Finances lundi soir, a fait décaler hier les rendements portugais. Le taux à 10 ans a bondi jusqu’à 7,9% en matinée avant de refluer vers 7,20% (+70 pb), son plus haut niveau depuis fin 2012. Désormais loin des 5,20% touchés le 19 mai, le pays semble promis à un nouveau plan de soutien.
La crise politique s’explique par l’impopularité croissante de la coalition au pouvoir, liée au cercle vicieux austérité-récession. Sur un total de 230 sièges au parlement, le parti social-démocrate (PSD) du Premier ministre Pedro Passos Coelho en compte 108 et doit s’appuyer sur les 24 députés du parti conservateur (CDS) de Paulo Portas. Ce dernier, ministre des Affaires étrangères, a présenté lui aussi mardi sa démission, refusée. Une chute de la coalition pourrait entraîner des élections générales en même temps que les scrutins locaux programmés le 29 septembre.
A court terme, la situation du souverain ne change pas. Le Portugal a reçu fin juin une tranche de 2,1 milliards d’euros du Fonds européen de stabilité financière, et la prochaine sera versée après le rapport de la Troïka en septembre. Le pays, qui a émis début mai des obligations à 10 ans, a déjà couvert ses besoins pour 2013. Sa sortie du programme d’aide monté par l’union européenne, la BCE et le FMI, est prévue pour fin juin 2014.
Mais avec des taux à 10 ans supérieurs à 7%, la probabilité d’un retour complet sur les marchés s’éloigne. Et l’engagement du pays en faveur de réformes structurelles pourrait être remis en cause alors même que le programme d’aide prévoit une consolidation équivalente à 2% du PIB en 2014. «Le centre de gravité politique du pays s’éloigne du soutien à l’ajustement budgétaire, et nous considérons que la relation entre Lisbonne et la Troïka, la meilleure jusqu’à présent dans la périphérie de la zone euro, va se dégrader significativement», relève Gilles Moëc, économiste de Deutsche Bank.
Toute aggravation testera la détermination de la BCE, dont les interventions verbales ont jusqu’à présent suffi à calmer les marchés. «La meilleure solution serait la mise en oeuvre d’une ligne de crédit de précaution (ECCL) qui permettrait d’activer le programme de rachat d’actifs (OMT)» de la banque centrale, selon Harvinder Sian, stratégiste chez RBS. Problème: pour déclencher l’OMT, le Portugal devrait aussi démontrer qu’il garde un accès au marché obligataire, ce qui semble difficile. La BCE pourrait en outre être tentée de temporiser jusqu’aux élections allemandes de septembre.
L’autre option consisterait en un nouveau (…)

La crise portugaise teste le pouvoir de la BCE.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *